SUR LE CHEMIN

10 jours au milieu des muguets

Hellou !!!!! Avec quinze jour de retard…

Alors non, effectivement, je ne t’ai pas communiqué le fait que j’allais faire une saison avec des muguets car j’ai un peu de mal à parler au futur. Alors je viens récap’ cette aventure, maintenant qu’elle est passée.
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Dix jours.
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Le premier jour fût un jour de cueillette, un mercredi chaud et ensoleillé qui m’a bien fait kiffé !
 
Les huit jours suivants ont été pour moi, surtout à empaqueter des pots de ces fleurs. De façon automatique, machinale, répétitive (mais c’était mon truc préféré donc bon).
 
Alors dans des champs géants, scionnés, lignés et bien rangés, sans insecte, aux produits chimiques incolores et sans herbe visible, dans une terre un peu sableuse, voici : le muguet et ses feuilles, cueillis entre le 25 et le 28 avril, par des salariés de toutes les journées consécutives (s’ils le veulent bien).
 
Ensuite, place au tri, au re-tri et au re-re-tri. A la mise en pot, au dépotage et au repotage. A la découpe des racines pour que les trois brins passent. Et empaquetage automatique. Mise en carton. Colis, envoi, vente, argent, business.

Pourquoi ? Le 1er mai. Une journée des travailleurs à la fois chômés et payés de façon légale, pour fêter la mise en place des huit heures de travail –si je ne dis pas d’erreur.
 
Pour ce brin de muguet traditionnel, c’est dix heures par jours consécutifs qui ont été réalisées, des coups de soleil pour certains et des courbatures pour d’autres. Parfois les deux, souvent les deux.
Je ne suis pas en train de pointer du doigt la mise en place du joli brin devant les caisses de supermarché, ni de victimiser les gens comme je l’ai été qui ont bossé pour cela. En fait j’éclaire l’envers du décor de ce qui est pour moi une absurdité.
 
Ça doit aller vite.
Il s’agit de plantes, et de manipulation de vie.
C’est comme un accouchement déclenché après péridurale.
Tout est contrôlé.
C’est a.b.s.u.r.d.e.
 
 

Dans la vraie vie ce n’est pas comme cela que ça se passe.
Les fleurent poussent, naissent, se multiplient, meurent, fanent, germent, etc. Les insectes en profitent, se nourrissent, les étendent. Leurs racines s’épanouissent sans limite, s’agrandissent, se font des kiffes.

 
Une fleur de se cueille pas et pourtant c’est ce que j’ai fait.

Des racines ne se découpent pas comme un gâteau au chocolat et pourtant c’est ce que j’ai fait (ça m’a fait pensé aux restaurateurs qui découpent du poisson).

 
 
Alors voilà ce que j’ai appris sur moi, et sur d’autres :

  • Les rythmes horaires imposés sont néfastes pour moi.
  • Ce mode de vie éteint toute idée de réflexion, de remise en question, de santé, de vitalité et d’énergie de mise en pratique de sa volonté.
  • Il rend machine, norme-mal, soit triste ou en réaction constante d’adaptation.
  • Il est le meilleur moyen de se déconnecter de son corps : j’ai oublié que j’avais un corps, j’ai regardé mon corps et l’ai trouvé plus gros que tout le monde -une partie de l’anorexie que je n’avais pas exploré-, j’ai perdu l’appétit.

Je pense avoir expérimenté, en dix jours intense, ce qu’un salarié à temps plein et dans la durée vit aussi. Peut-être en moins intense, mais étant étalé sur le long terme, je crois que les effets sont les mêmes, à terme.

 
Ces dix jours ont été agrémentées de rencontres fascinantes et de non-sens : grosse incompréhensions face à certains comportements…
J’ai vu des gens qui marchaient au café, au sucre, au thé ou à la weed.
J’ai vu des gens qui savaient pourquoi ils étaient là.
J’ai vu des gens qui ne savaient pas pourquoi ils étaient là.
J’ai été inspirée, intriguée, surprise et fuyante parfois.
J’ai été énervée et frustrée de ne pas pouvoir faire de rab un soir (mais c’était pour la bonne cause, il me fallait que ça pour m’arrêter…).
J’ai été fatiguée, acharnée, et j’ai reculé mes limites du corps.
 
 
Je l’ai fait !

Je l’ai fait juste après mon accompagnement de réalisation d’entreprise. Juste après mon gros bilan de pourquoi je vis, ce que j’apporte, ce que je veux.
Je l’ai fait et ça m’a reculé de tout cela, pour y revenir avec encore plus de détails ultra-intéressants. Je me suis reliée à l’absurdité pour mieux la détecter.
J’ai compris davantage qui je suis, j’ai capté des choses par rapport à mon vécu anorexique, j’ai rencontré des artistes chouettes et lumineux ! Wouha ! Des sportifs, aussi 🙂

Et… je ne me suis pas arrêtée de chanter, ni d’écouter.

Le dixième jour était un jour de déserbage, durant lequel j’ai parlé et beaucoup ri avec de nouveaux gens. J’ai reçu un pot de muguet qui me fait gagné un nouveau pot à crayon 😀 et hier, j’ai dormi autant qu’un chat le fait chaque jour. 16H.

 
J’ai été bien entourée, encouragée et aimée. J’ai été propulsée, dans un groupe soudé, j’ai ri souvent, j’ai kiffé. Et j’ai mangé des raisins secs.

A bientôt pour de newadventures qui continuent !

 

 

 

Christelle Guibouin

FEMME DE LA NATURE

Sons et Corps de Vie.

One Commnet on “10 jours au milieu des muguets

  1. Je peux pas faire autrement que d’écrire un commentaire !!! Au début me suis dit “Ah oui c’est pas si poétique et pas tant “en nature” comme j’imaginais quand tu ramassais le muguet, c’est en version commercial à fond” !! Et au fur et à mesure je me disais “oui oui le salariat ça me fait ce même décalage… pas possible pour ma part de m’adapter, sauf si peut être j’adooore mon taf et mes collègues ! peut-être !”, et puis après à la fin tu m’as fait trop rire, t’es tellement nature justement 😀 😀 😀 (peux pas faire de smileys sur ordi !!) ! Merci ma Belle, plein d’Amour vers toi !!! Et le retour à Soi est toujours plus vrai et intense <3

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