SUR LE CHEMIN

A chacun de choisir “son camp”

« Oui, certains verrons le corps humain tel un objet sexuel au but exclusif d’exciter.
Et d’autres le verront tel une machine si fonctionnelle que parfaite, belle par la vie qu’elle véhicule.

Pareillement, certains feront du café, consommeront des sucres raffinés et des plantes à fumer comme des drogues dont l’usage destructeur rendra mort « même si ça fait du bien » dans l’immédiat.
D’autres auront exclu tout cela ou les consommeront plus rarement, à visée d’apprécier et de consommer consciemment. La destruction n’aura alors pas lieu.

Certains utiliseront ce qui est nommé facilement amour pour rassurer et combler désirs et blessures. Ce sera nourri comme une drogue et dans le long terme les conséquences seront de s’y perdre, surtout si la conscience s’évapore.
D’autres alimenteront une énergie d’amour visant à rendre libre et autonome, un amour respectueux. Si le besoin de l’instant est en revanche de rassurer une blessure, la relation et la période seront utilisées pour apprendre. Elles seront donc à durée limitée.

De la même façon, certains utiliseront des armes pour tuer, peu importe qui, peu importe avec quoi. Ils considéreront que si le pistolet existe, alors le devoir en lien est de tirer.
D’autres éviteront ces objets, ils communiqueront la conscience de leurs dangers aux enfants, précautionneusement. Ils pourront éventuellement être utilisés à visée sportive avec attention.

C’est pareil pour le journal TV, certains s’en nourriront au quotidien, et consciemment ou non : il fera partie de leur nourriture énergétique, corporelle et inspireront leurs mouvements. Consciemment ou non.
Pour d’autres, l’existence du journal TV est quasiment oubliée. Ces autres libéreront de leur temps pour leurs actions constructives de l’avenir du vivant, sans besoin viscéral d’éteindre la flamme de leur créativité.

Certains considéreront les animaux, la terre et les enfants voire les femmes comme des esclaves, des soumis, des objets à caractère remarquable d’infériorité. Alors ils chercheront à manipuler, posséder et contrôler.
D’autres offriront la même importance et valeur à chaque être vivant, quelqu’il soit. Ils se serviront de cette équipe pour créer en collaboration, s’inspirant tant de ce qui leur va de se qui fait désaccord.»

Ainsi, je peux aller très loin. Continuer très loin. Très loin.

Ce texte est pour te dire que « les deux grands camps » existent. Ils sont là et on ne peut nier ni l’un ni l’autre.
Il n’y en a aucun à blâmer, aucun autre à glorifier, le fait est simplement que les deux sont là : et c’est à toi de choisir “ton camp”.

C’est toi, comme moi et comme ton voisin, qui sommes responsables de l’usage que nous faisons des choses à disposition, du vivant, des connaissances.
Nous pouvons choisir d’utiliser le son pour exploser ses oreilles, comme nous pouvons le choisir pour nous accompagner à œuvrer, à méditer, à nous amuser ou nous bercer. Nous pouvons utiliser le feu pour polluer, bousiller et s’enfumer, comme nous pouvons l’utiliser pour nous réchauffer le bout de nos doigts tout froids. Nous pouvons jeter des tomates sur des êtres humains, comme nous pouvons les apprécier pour nous nourrir.
Il n’y a pas vraiment d’actes « qui ne se font pas » à l’heure actuelle. Il n’y a pas de bien ni de mal, le tout forme un équilibre. Chacun a son rôle à jouer, et nous pouvons apprendre de chaque être. Chacun nous montre l’exemple de ses erreurs, de ses fuites, comme également de ses bonheurs, de sa lumière divine. Tout y est. Autant en nous qu’à l’extérieur de nous.

Il y a parfois du soleil, étoile dégagée qui fait chaud sur le dos. Parfois trop chaud et cela nous abîme la peau, d’autre fois accompagné d’une atmosphère plus fraiche et le soleil devient rayon de bonheur. Il y a d’autre fois la tempête, éveillant frayeur ou fascination. Dans tout les cas, c’est que quelque chose doit se dégager, se libérer. La Terre se doit de trembler. Sans ces tempêtes, les éclairs qui vont avec, le grondement du tonner et ce vent parfois même dangereux, l’équilibre n’existerait pas. Chaque fait a donc sa place et sa nécessité, même si cela est difficile à intégrer.

 

 

Christelle Guibouin – Artiste du Son, et des Corps

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