SUR LE CHEMIN

Âme perdue…

Bonjour, je t’ai vu. T’étais dans le fond, t’étais dans le noir, et chaque mouvement pour toi demandait un effort incommensurable. Tu te sentais lourde, lourde et sombre. Tu grimaçais et bougonnais tout seule, “tu marmonnais dans ta barbe” comme on dit.

La fluidité, tu ne connais pas. Pas aujourd’hui, en tout cas. T’es étouffée, complètement étouffée, tu ne sais ni qui tu es, ni où tu es et… ni où tu vas. Mais tu sens que tu t’enfonces, que chaque jour et chaque minute dans laquelle tu poses le pieds t’essouffle.

Tu pleures souvent, les gens t’énervent, un rien t’énerve. Les reproches, tu connais ; la solitude, tu préfères. Tu voudrais mettre fin à tes jours, ou alors tu voudrais t’isoler, seule, seule au monde, vraiment, sur un nuage entre Terre et Ciel pour un temps indéterminé. Tu ne souris pas, ou alors c’est faux, c’est dur, ça coince… T’es chiante, même : on te le dit, OK, mais tu l’estimes aussi, tu le ressens sans que l’on t’en fasse la remarque.

Ton environnement majeur te fait perdre les boulons, mais de toute façon, où que tu sois, t’es perdue, sombre, tout est périmé.

 

Et pourtant… et pourtant tu continues.

Et pourtant, tu continues sur le même chemin. Tu continues de côtoyer quotidiennement les mêmes individus. Tu continues d’aller cinq jours sur sept dans ta boite à travail, et de rentrer chez toi épuisée, avec les enfants qui crient. Et tu fais à manger, ou… pas : tu entres dans ta chambre sans ne saluer personne. Tu continues d’aller faire les courses régulièrement, de soulever les paquets, paquets de chips, de viande, de beurre, de gâteaux sec, de pain… un melon par là et puis, tu pouffes. C’est dur. Et pourtant tu continues. Et tu continues tes soirées épuisantes face à ta télévision aux infos déprimantes. Tu continues de ventiler comme tu peux, emmêlée entre tant de nœuds.

Personne ne te comprends, personne. Tu es seule, seule dans ton gouffre et le monde te regarde avec dépit.

Tu te sens nulle, épuisée, finie, et même… sans valeur aucune…

Tu ne trouve pas ta beauté, les rares fois où tu tentes de la fouiller. Et tu souffles, encore, t’es profondément triste.

T’es fatiguée.

Et pourtant tu continues. Tu continues sur le chemin qui t’éteint. Pourquoi tu continues ? Pourquoi ? Pourquoi tu vas là où le plaisir n’est pas ? Pourquoi tu “es obligée” ??? Pourquoi tu continues de manger des chips ? Pourquoi tu continues d’aller te coucher, tous les soirs, dans ta chambre, face à la télé, sans même biser tes chéris ? Pourquoi tu continues de te forcer, d’aller là où ça coince, où la joie n’est pas ? Pourquoi tu continues de te braquer très souvent, de marmonner négativement, de voir le noir là où il n’y a pas lieu ? Pourquoi tu vas là-bas, vers le brouillard aveuglant, chaque jour qui passe, pourquoi à chacune de tes actions tu fais un pas vers là-bas ?

 

Ben non, je ne comprends pas. Oui, t’es seule, c’est évident. T’es seule parce que tu l’as choisi, avec une conscience plus ou moins définie. Tu as choisi la solitude, la non-explication, l’absence de confidence… Tu as choisi l’étouffement, malgré toi, certainement !

 

Ce n’est ni à la télévision, à la radio, à l’école, aux matchs de foot ou encore au supermarché, qu’on apprend aux créatures Comment vivre. C’est ainsi que si peu de mère-veilles n’imaginent même pas la puissance qui règne en leur intérieur, sans que personne autour d’elles ne soient capable de l’éteindre à tout jamais. La Puissance est là, elle est Forte, elle est Gigantesque, Immortelle ! Il “suffirait” de respirer, de Vraiment s’isoler, pour de vrai.

Il suffirait de jeûner à ce monde. De faire le calme, arrêter les barbecue, la télé, enfin tout ce qui n’éprouve pas de bonheur. Faire Rien. Le temps qu’il faille.

Et là l’instinct de soufflera de Changer de route. Du tout au tout. Les habitudes sont Nouvelles, plus éclairées, plus colorées. Le sourire se crée simultanément, et dans chacune des actions, l’engagement est élancé.

 

La vie n’est pas une autoroute. Y a des montagnes, des bosses, des virages, des zones de danger, de ralentissements, et y a même des phases de décollage ! La vie, c’est une ouf.

Vas-y ! Trouve la puissance. Fais le vide, le vide du vide, le vide de toute action étouffante. Explique à tes enfants ce qu’il se passe pour toi, à l’intérieur de ton cœur, de ton corps… Explique-leur tes ressentis, ce que tu as enfouis durant tout un très long temps, ce qui aurait pu te mener là, ce qu’on t’a fait croire et qui était faux, ce qu’on n’a pas su t’apprendre, explique-leur ce dont tu as besoin là, maintenant.

 

PAUSE

 

Avec puissance…

 

Christelle Guibouin

Artiste du Corps et de l’Esprit

Artiste du Son, Flûtiste énergétique, Compositrice

 

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