Ce qu’on attend d’un adulte

On attend d’un adulte qu’il sache.

Qu’il sache communiquer correctement et respectueusement.

Qu’il sache se mettre à la place de l’autre et prendre du recul sur les situations.

Qu’il sache gérer ses émotions.

Qu’il sache écouter.

Mais un adulte lambda ne sait pas tout ça.

Les personnes qui savent tout ça n’ont pas de nom. Il s’agit d’êtres qui ont appris et qui ont appliqué, c’est tout.

Or de nombreux adultes d’aujourd’hui sont traumatisés donc très fragiles émotionnellement. De nombreux adultes d’aujourd’hui sont dépassés par les évènements. De nombreux adultes sous estiment complètement l’impact de leur passé sur leur présent ainsi que sur leurs enfants et tous ceux qui les entourent. De nombreux adultes d’aujourd’hui sont mal à l’aise avec les mots et avec leurs ressentis. De nombreux adultes d’aujourd’hui ne communiquent pas. De nombreux adultes d’aujourd’hui sont irrespectueux envers eux-mêmes et autrui. De nombreux adultes d’aujourd’hui ne sont pas empathiques. De nombreux adultes d’aujourd’hui n’écoutent pas : l’autre, eux-même, ou ni l’un ni l’autre.

La définition la plus simple et classique d’un adulte, c’est une personne qui a plus de dix-huit ans.

Je suis donc une adulte, et je ne sais pas tout ça dans la pratique.

Ma mère et mon père sont des adultes et ils ne savent pas tout ça, ils n’ont pas appris ça, ils n’en ont peut-être même pas la NOTION.

Et dans ma famille également, il y a une enfant, de cinq ans.

A cinq ans, les zones de son cerveau concernant la maturité émotionnelle commencent à se développer. Cette maturation continuera d’avancer jusqu’à l’âge de vingt ans, voire de trente ans pour certaines autres. (Livre Pour une enfance heureuse de Catherine Gueguen)

Ne pas être mature émotionnellement, c’est agir immédiatement dès que l’émotion, quelle qu’elle soit, se fait ressentir. Sans aucune analyse de l’environnement, aucune prise de recul, aucun discernement, aucune patience ni idée de la patience… action.

Alors un enfant envieux de jouer à un jeu déjà utilisé par son camarade va le lui arracher des mains.

Un enfant en colère va faire acte de violence pour se défendre.

Un enfant triste va pleurer de tout son corps.

Etc.

La prise de contrôle n’est PAS possible.

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Où je veux en venir ? Si les scènes décrites sont la norme pour des enfants, elles ne le sont pas pour des dits adultes (sauf pleurer de tout son corps à la limite – je fantasme sur un monde d’ « adultes » qui pleurent entièrement dès qu’ils en ressentent le besoin).

Dans la réalité, je vois des scènes où

– des « adultes » font acte de violence envers d’autres : entre « eux » ou plus facilement sur des enfants (entre autres)

– des « adultes » crient en insultant d’autres personnes, leur envoyant toute leur haine ainsi que leur colère.

En définitive, des adultes ne sont pas matures émotionnellement.

Parce qu’on ne leur a pas appris, parce que leur environnement affectif pendant l’enfance freinait voire empêchait cette maturation. Il s’agit d’environnements où la punition est pratiquée, ainsi que l’ignorance (pleurs non entendus, non accueillis, auxquels il n’y a pas de réponse alors qu’un enfant qui pleure c’est un enfant qui parle : il exprime un besoin…), le mépris (« tu le mérites bien, tu ne fais que des bêtises ») ou d’environnement dans lesquels de dits adultes n’agissent pas en communiquant avec respect. Le respect, c’est CONSIDÉRER chaque individualité comme un être individuel, sensible et émotionnel, à part entière.

A tous les êtres qui ont ignoré mes peines, mes douleurs, mes joies et mes larmes lorsque j’étais enfant, je ne vous en veux pas.

A tous les êtres qui ont fait preuve de violences verbales sévères envers moi, je ne vous en veux pas.

A tous les êtres qui ont fait preuve de violences physiques, si rares étaient elles, je ne vous en veux pas.

A tous les êtres, qui m’ont fait ressentir l’abandon, le manque ou le rejet, voire le mépris, je ne vous en veux pas (ah, elle est plus difficile à écrire celle-là, surtout pour le mépris).

A tous les êtres qui m’ont menti et qui m’ont non dits, je vous en veux pas (difficile aussi!).

Petite note : je ne vous en veux pas, là, maintenant tout de suite à l’heure à laquelle j’écris, mais parfois ça m’arrive de vous en vouloir…

Je ne vous en veux pas parce que vous ne saviez pas.

Je ne vous en veux pas parce que pour vous c’était logique d’agir ainsi, voire impossible d’agir autrement. Je ne vous en veux pas car je sais que vous avez vécu au milieu de la violence, de tabous sévères, de secrets, de mensonges, de viols. Vous aviez ces références que vous avez peut-être considéré comme une norme, consciemment ou inconsciemment.

Je ne vous en veux pas mais sachez quand même…

Sachez que ces comportements ont eu un impact sur moi.

Sachez que j’ai vingt ans et que j’apprends tout juste à considérer que font intégrante partie de moi des sensations, des ressentis, des humeurs diverses, des émotions ET qu’il est valide, légitime et vital de les partager.

Sachez que de votre négligence ou de votre mépris je me suis négligée et méprisée moi-même : je me retirais dès qu’il y avait du monde qui apparaissait physiquement, je ne sentais plus, je ne me confiais jamais, je n’exprimais pas, je mangeais trop peu, et donc si je ne me prenais pas moi-même en considération alors soit je ne prenais pas l’autre en considération, soit je le faisais à l’extrême.

Désormais, en comprenant tout cela, je n’attends pas des adultes qu’ils me respectent. Je me respecte moi-même et je prends en compte que la personne en face de moi peut avoir le comportement émotionnel d’un enfant de moins de quatre ans. C’est-à-dire qu’elle peut me déverser violemment sa colère, sur moi, sans que je m’y attende, elle peut avoir des sauts d’humeur extrême, elle peut être à fleur de peau sur le moindre petit détail qui crée une situation, elle peut me mépriser car elle se méprise, etc. En fait, des adultes ne peuvent pas faire autrement. C’est hors de leurs capacités, hors de leur réalité, expulsé de leur fonctionnement.

Honnêtement, je conseillerais de s’en éloigner…

Mais lorsque je sais cela, personnellement, je comprends que l’enfant de cinq ans qui est en train d’apprendre à communiquer et à vivre avec les gens ET avec ses émotions peut m’inspirer réellement à faire comme lui. J’aime cette façon de voir les choses, en revanche n’oublions pas que lui aussi s’inspire aussi beaucoup des dits adultes qui l’entourent. Également, je comprends qu’à la manière dont on enseigne à un enfant la communication et la gestion de ses émotions en considérant complètement ses dernières, je peux faire de même face à un adulte.

C’est une décision à prendre si on s’y sent apte, parce que disons-le nous : la colère d’un adulte n’est pas la même que la colère d’un enfant.

L’âge ne signifie pas que notre comportement est favorable au vivre ensemble et avec respect.

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Christelle

Ecrit le 25/04/2019

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