SUR LE CHEMIN

C’est facile, subtile, et difficile

Coucou  ! Ça fait trois jours que je pense à cet écrit. Au début ce n’était que facile, et puis hier quand j’ai commencé à écrire je me suis rendue compte de la notion de subtilité. Ce matin, c’est celle de la difficulté qui m’a confronté. Je crois que tout dépend du stade où nous sommes pas rapport aux choses. Belle lecture !

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Je te parle du corps, de l’évolution de mon rapport à l’alimentation ainsi qu’au sport.
Tu peux transposer cela à tout ce que tu veux dans ta vie : la façon dont tu respires, dont tu kiffes ou non tes relations, etc. !

C’est facile…

C’est facile quand il n’y a plus à s’adapter. S’adapter à des horaires contraignantes de lever, et par conséquent de coucher. A des horaires de récré, à des horaires de manger.

C’est facile quand il n’y a plus d’obligation à manger de la viande, facile quand les croyances à propos de la physiologie corporelle ont changé, quand les connaissances se sont ajustées.

C’est facile quand les cellules ont intégré la vérité, pour enfin se passer de lactose sans devenir enrhumé.

C’est facile quand il n’y a plus ce stéréotype des quatre repas obligatoires, ou du moins favorables, à des heures programmées. Des repas à respecter, ne pas louper ni faire foirer.

C’est facile après avoir retiré le sucre qui rend addict, qui est mensonge et provoque des pics émotionnels.

C’est facile quand tout va bien, que la croyance que je dois manger plus que les autres est partie, et que la confiance dans le fait de ne pas manger pendant longtemps est validée.

C’est facile quand je suis satisfaite dans le goût, la qualité et l’éthique de ce que je croque, de ce que je bois.

C’est facile lorsque l’abondance, la sérénité et la foi m’entourent. Gratitude.

C’est facile depuis que j’ai compris que le gluten était responsable de maux de ventre quotidiens et bien chiants !

C’est facile quand il n’y a pas de quantité à respecter, et que le refus est une éventualité.

C’est facile et c’est subtile.

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Dans les élans créatifs, c’est facile de négliger les signaux de la faim, les picotements du ventre, les envies de galettes de sarrasin ou de dattes. C’est subtile de choisir entre créer de suite et manger plus tard, parler à son corps, ou bien sentir que manger maintenant serait plus judicieux pour créer après.

C’est facile de ne pas manger lorsqu’on est entouré de la dynamique humaine, ou encore de paysages merveilleux à admirer. C’est subtile lorsque la faim arrive soudainement et qu’il ne serait pas une idée de génie de tout gober ce qui passe devant le nez.

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C’est facile quand on est heureux.se dans notre vie, que maman ne nous manque pas et qu’on a très bien dormi.
C’est facile quand on ne zappe pas de respirer, de se concentrer et d’écrire, de s’aimer.
C’est facile lorsque nous nous sommes écouté, lorsque nous avons su resté fidèles à nous-mêmes : authenticité du présent, valeurs, message.

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Et c’est difficile quand de nouvelles peurs sont traînées derrière nous, que celles-ci nous freinent avant même qu’on ne sache qu’elles existent, ou encore qu’elles proviennent d’anciens traumatismes.

J’ai éliminé ma peur des glucides et des lipides. Maintenant je savoure les fruits en quantité et aime les huiles et les graines.

J’ai arrêté le sucre car il était mensonge.

J’ai arrêté le gluten car il me faisait mal au ventre.

J’ai choisi de bien dormir, de me réveiller naturellement et d’apprécier la phase d’arriver dans le monde autre qui est le jour.

J’ai appris à cerner mes besoins de fraicheur, de pauses seules et silencieuses ou déjantées dynamisées, et me suis rendue compte de leur caractère essence du ciel (essentiel).

J’ai compris l’importance pour moi, dans le fait de passer du temps à préparer mes repas. Choisir mes légumes, les découper, les râper ou en extraire le jus. Les cuire à feu doux, y ajouter de la coco oil et du curcuma.

J’ai capté aussi les environnements ou ambiances néfastes pour moi de manger, et j’ai su faire confiance en mes ruptures soudaines d’appétit.

J’ai expérimenté le fait d’apprécier un moment à tablée, sans forcément manger.

J’ai compris la nécessité pour moi de savourer un repas, que je sais apprécier parfois accompagnée d’amis, et d’autres fois de solitude et de silence,  ce sera plus approprié.

J’ai su aimer pleinement les surprises de gens qui me préparaient des repas zéro sucre, zéro gluten, zéro produit animal, et le tout dans le plaisir et l’amour.

J’ai saisi l’assurance dans le fait de demander de l’eau plutôt que du café ou du thé.

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Puis… il reste encore quelques choses de difficiles. Des peurs sont survenues dans mon rapport à la mouvance de mon corps. Quelques choses de non encore identifiées, même si j’ai peut-être quelques bribes d’idées.

– La confiance
– Et ma gestion du tout ou rien à… nuancer.

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Je me dis artiste du corps. Et depuis un certains temps, je repère que mon quotidien ne mets pas en valeur la hauteur de mes ambitions à ce propos.

Je t’ai confié déjà mon souhait de créer mon propre sport.
Je te répète souvent que ce qui est kiffant pour moi est avant tout d’engager mon corps.
Je veux lier la danse, l’acrobatie et la gymnastique au sein même de la nature, pour parler, gestualiser, apprendre encore des messages de mon corps et élargir la conscience que j’ai de lui.

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Mais j’ai peur. Mon discours en ce moment quand je parle toute seule, c’est que les peurs, c’est du gros gros bullshit. Je vais parfois jusqu’à affirmer que ça n’existe pas, car en soi, il y a zéro risque de mort à réaliser ses rêves.

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Alors, qu’est-ce qui bloque ?

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Bien souvent, les réponses sont écrites dans nos cellules.

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Je te parle de moi avec la “frayeur” d’engager mon corps à la hauteur de mes ambitions, ça peut être pareil pour toi qui a peur de t’exprimer, de parler à ta mère ou de peindre l’invisible.

Alors non, je n’ai pas peur.

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Sauf que dans le passé j’ai beaucoup surmené mon corps, et ce, rarement à bon escient. Et pourtant, les intentions initiales étaient toujours remplies de bienveillance envers moi-même.

Quand je te parle de cette tendance au tout ou rien, c’est que parfois je vais avoir des périodes très intenses et actives dans le sport et l’engagement de mon corps. Jusqu’à épuisement et donc large pause. Quand je te parle de cette tendance au tout ou rien, c’est aussi à la croyance qu’un jour qui me plait devrait se réitérer tous les jours de ma vie successifs sans exception.

SAUF QUE : c’est comme les heures établies à faire ci ou ça dans les dogmes, cultures, traditions, certainement parfois pour réunir des gens. SAUF QUE (bis) : “les jours se suivent et ne sont jamais les mêmes”, j’adore cette phrase.

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Les jours se suivent et ne sont jamais les mêmes.

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Hier je me suis levée à 11 heures. Ce matin, à 5 heures. Sans obligation ni contrainte. J’ai juste suivi le flux de mon corps comme des pu.

Et les deux me plaisent. Le fait est que si j’avais inversé cela, la convenance aurait différé…

Ça, tu le sais déjà, alors je te laisse ici méditer sur ces questions-là.

 

 

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Christelle Guibouin

Artiste du Son et des Corps

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