SUR LE CHEMIN

Gamine égocentrique

Oh my gaaaaaaaaaaaaaaaaah : la religion, le développement personnel.
Je ne comprends pas. Je ne suis pas en train de les lier, or c’est comme si j’avais trouvé un point commun qui… peut-être, pourrait les lier, en fait.

.

Je suis une gamine égocentrique. Égocentrée. Ou plutôt introspective…

.

J’ai grandi auprès de gens très religieux, très croyants en petit Jésus. Dans mon esprit, je ne pouvais ressentir aucune certitude. La religion était pour moi comme l’histoire du papa noël qu’on raconte aux enfants, ou comme l’histoire des fables de la fontaine… C’est encore ce que je pense à l’heure actuelle. Je crois même que cela a quelque chose de très pernicieux.
  .
Et dans le même sens, je n’ai jamais, jamais compris le développement personnel. Je n’ai jamais compris pourquoi des barquettes de livres à ce sujet. Certes cela peut aider, probablement… certainement.
Or, c’est encore une tendance à aller chercher à l’extérieur de soi ? Demander à quelqu’un comment vivre, comment briller.
  .
C’est lire le règlement dans des livres, tel celui des accords toltèques qu’on mentionne comme la bible. Merde, comme une nouvelle « religion ».
  .
Ce côté un peu sectaire, cet effet de groupe et de comportements grégaires. « Ah, toi aussi tu fais ça ! On va bien s’entendre alors ! … »
Cela bogue, à la fois dans mon corps et dans mon cerveau.

Je rencontre parfois de magnifiques individus qui parlent au nom d’un dieu extérieur à eux-mêmes, ou encore d’un « Maître », d’un.e idole…
Alors à partir de quand ce sont les tripes qui parlent ? Les vrais boyaux, oui. Le vécu.
Ce qui traverse. Ce qui a été digéré, facilement ou avec complexité. Avec fluidité ou douleur ou les deux. Ce qui a été rejeté, ou mal assimilé, ou répété fréquemment. Oui, des boyaux quoi.

Et, oui, cela me dérange. Cela m’interpelle.
Des inspirations, oui. Des gens qui font du bien au cœur et au moral, qui nous font dire « merci de m’accompagner dans ce mouv’ bousculant du monde, merci de pétiller en fait ». D’accord.

Mais ce genre de fait –qui sont en général des sensations alors je ne le renie pas- qui fait dire et penser que cette personne est plus grande, est supérieure, et bien honnêtement, je ne sais même pas si j’ai déjà ressenti cela.

Si, peut-être face à des gens à la tête remplie à craquer de savoirs. Sur l’histoire, sur le monde, le passé, le vécu, la musique.
Et finalement ce n’est pas vraiment ce qui m’intéresse… du tout.

Mon manuel d’apprentissage principal est mon CORPS.
Je discute avec des gens qui me font ressentir ce qui est ok ou non.
Je discute avec des gens qui m’apprennent beaucoup.
Je discute avec des gens capables de me faire anticiper certaines choses. Parce que je suis jeune, moi.
Et je lis des livres avec dedans du savoir nécessaire, comme par exemple les phases de développement de l’enfant, de l’humain, la gestion des émotions, les blessures. Pour le moment je lis Isabelle Filliozat et je surkiffe ma life. Pour moi c’est nécessaire, car ça permet la compréhension, la compassion, et l’acceptation. Ça permet de voir les trésors que nous sommes, chacun de nous. Ça permet de considérer si bas que nous pouvons aller… et avec de la force dans les jambes, du courage et de l’élan, si Haut !
Ça permet de regarder autrui tel un être à part entière. Entière.

Je crois pertinemment que la clef des clefs, c’est d’aller fouiller en soi.
C’est difficile. Ça fait mal.
Ça ne signifie pas que l’entourage est inutile, bien au contraire.
La clef des clefs est, de mes sens, dans la mémoire de chaque cellule de notre corps.
Les autres nous apprennent également, SI nous le voulons bien.

Je suis une gamine vraiment égocentrique.
Durant mon anorexie, élément assez déclencheur pour beaucoup de choses dans ma vie, j’ai appris énormément en accéléré. Pourquoi ? Comment ?

Parce qu’avant d’être dominée par cette maladie, j’étais moi, avant tout. Et c’est moi qui me laissais dirigée par elle, qui étais tombée dans le piège, qui étais un nœud parmi d’autres et qui devais me sortir de la toile, d’araignée.

Alors plutôt que de me dire que tout le monde était con, que la société était non guérissable et de ne voir que la merde partout. Et bien, baignée dans le caca, je fermais les yeux (imagine) et sentais ce que ça me faisait.
Je sentais ce qui créait le nœud dans mon estomac : un endroit, la présence de certaines personnes, un dérèglement de planning.
Et puis je me questionnais : est-ce que c’est SI grave que cela, est-ce que je peux appréhender la chose Autrement, est-ce que cette situation doit disparaître ?

Tout venait de moi.
Tout vient encore de moi à l’heure actuelle.

Les autres, les évènements, accidents et les surprises ne font que déclencher ce qui est DEJA là. Je crois !
J’ai encore des émotions, j’ai encore des nœuds qui se créent dans mon estomac et des coups de paniques. Des moments d’euphorie et des instants de boycott. J’ai peur, je suis amoureuse, je ressens l’angoisse, je ressens la colère

Et je joue avec.
Ce n’est pas toujours easy.

Et je joue quand même, et ainsi je me connais davantage chaque jour.
Et je m’aime.

Et voilà ! 😀
  .
 .
  .

PS : je n’incrimine absolument PERSONNE dans ce texte. J’ai conscience du bon qu’apporte les bouquins de développement personnel. J’ai simplement écrit ce qui me venait, ce que j’avais sur le cœur et c’est contre personne donc si tu lis un livre de cette discipline, alors sers-t-en pour te développer. Peut-être que finalement je suis en train de décrire ici ce qu’EST le développement personnel (l’introspection ?).
Qu’est-ce que t’en pense ?

.

Christelle Guibouin – Artiste du SON et des CORPS

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *