SUR LE CHEMIN

Il ne pense pas comme moi

Tu sais, moi ça me parle bien toutes ces notions d’énergie et compagnie. Je ne sais pas si c’est vrai, si c’est faux. J’y crois, je les sens, j’en parle, et voilà. Cela fait partie de moi. Je ressens ce que tu dégages, ce que tu émanes, je perçois ce qui est autour de toi, de nouveau ou d’ancien. Peut-être qu’on m’a emmené sentir cela afin que je vienne me tromper et comprendre un truc. Peut-être que je me suis déjà trompée et que j’ai compris cela, que maintenant, alors je suis prête à le sentir, le toucher, le… je ne sais pas où j’en suis, je ne sais pas ce que je suis, je ne sais pas ce que j’ai compris. Mais tu vois, dans mon référentiel personnel des choses, dans mon champ de vision et dans mon sac à réflexions, l’énergie a sa place. C’est tout.

C’est pareil pour la planète. Peut-être que je me trompe à vouloir la protéger. Peut-être qu’elle n’est là que pour l’humain, puis qu’après elle disparaîtra, que c’est ainsi et bien comme ça. Peut-être que je perds mon temps à éteindre ces lumières « à tout bout de champ », peut-être que j’exagère à admirer ces brins d’herbe et ces fleurs. Peut-être que l’humain est en fait plus grand que tous et que les autres animaux sont là pour que nous les consommions, et pour s’impliquer aussi dans le correct fonctionnement de la Terre qui est là juste pour nous. Est-ce que la Terre n’est qu’à l’humain ou est-ce que l’humain n’est qu’à la Terre ? L’idée de posséder a-t-elle sa place ? Moi je pense simplement que l’humain fait partie du vivant. Fait, Partie. Je ne me crois pas supérieure à la bactérie sous prétexte que, moi, on me voit et m’entend. « Chaque être a sa place » tu l’as déjà entendu celle-là, et bien de mon point de vue, dans « chaque », il y a même les cailloux, les loches, les brins de sable et le sel de la mer.

Peut-être que je perds mon temps avec ces réflexions. Je ne crois pas. Peut-être que je suis venue là pour ne pas croire comme toi ou lui, pour apporter l’angle que tu ne vois pas en réponse à ma vue de ton angle à toi que je venais tout juste d’oublier. Ce que tu dis n’est pas faux. Ce que je dis, je peux avoir avec prétention peut-être, t’assurer que ce n’est pas faux non plus. Si nous creusons la question ensemble et percevons que les deux raisonnements se tiennent, alors tant mieux. Le tord ou la raison n’ont même pas, pas tellement, leur place ! On n’utilise pas tous les mêmes référentiels, tout est dans le référentiel. On n’apporte pas tous tant d’importance aux questions existentielles, parce que peut-être n’existe-t-elle pas « cette vérité ultime ou originelle », or dans tous les cas cette recherche nous fait grandir : c’est certain. Et notre angle de vue s’agrandit, s’élargit, quitte certains trucs pour aller en voir de nouveaux. Moi, par exemple, j’y crois en la vérité ultime. J’y crois en cette Logique de la Vie. Je crois au sens et aux cohérences, certains n’ont pas besoin de la savoir et se portent très bien ainsi. Certain ont à croire en une vérité qui ne sera pas La vérité. Il y a de petites vérités, celles que nous pouvons, de notre langage magnifique, appeler les croyances. Les croyances sont toujours vraies à l’échelle d’un individu. Si j’affirme quelque chose avec toute ma conviction, cette chose se manifestera. Tout dépend de tout et tout.

Et puis si ça se trouve, faire l’amour à quelqu’un du même sexe que soi c’est dangereux, dégueulasse, inhumain. Je m’arrête là. Si ça se trouve, les désirs et attirances et kiffes sexuels non portés vers le sexe opposé n’ont pas de légitimité à s’installer, à se révéler, à s’éclairer, se libérer et se manifester. Je suis lesbienne. Donc cette problématique fait partie de ma vie. J’ai décidé de l’accepter, j’aurais pu le refouler ou me moduler. Je ne l’ai pas fais, car j’aime bien, j’aime les corps de femmes et je n’ai pas forcément envie de me faire pénétrer. C’est tout. Je ne vais pas tuer tous les hommes pour autant, je vais juste leur demander de ne pas mettre leur pénis dans mon vagin. C’est tout. J’aime beaucoup parler aux hommes, et j’aime beaucoup parler aux femmes ! Là n’est même pas la question finalement. Mais là c’est pareil, cette caractéristique de mon être me fait penser, certainement, autrement que ceux qui ne la connaissent pas ou qui n’y n’ont jamais réfléchi. Je vais faire plus attention aux « blagues » portés sur cela par exemple, qui sont très souvent, également, sexistes…

Et puis tout se suit de façon logique. J’apprends l’existence de nouveaux termes, de créatures existantes. Des humains sont trans, sont pans, etc. Et là la différenciation du sexe à celle du genre prend tout son sens. Le sexe se voit, c’est lui qui t’indique à la naissance si t’es une fille ou un garçon. Le genre est tout ce que la société et l’inconscient collectif associe à chaque sexe, esthétiquement et au-delà. Et c’est ultra intéressant. A chacun de décider qu’en faire. Il n’y a « pas » de bon ou de mauvais, il y a la conscience et la cohérence.

De plus, y a-t-il une éducation qui soit meilleure qu’une autre ? Je crois personnellement que l’éducation optimum existe, avec un environnement relationnel propice, des connaissances sur la psychologie et de développement de l’enfant, donc de ses besoins, etc. et je crois tout autant que chaque parent est le parent parfait pour son enfant, dans le sens où il lui apporte exactement ce dont il a besoin pour son développement, ses prises de conscience et sa croissance. Et c’est pareil pour ce qu’apporte l’enfant à chacun des parents ou de l’entourage. Peut-être que cette vision-là fera lâcher prise à de nombreux parents. Et tu sais quoi, je vais te partager une phrase qu’un ami m’a dit et que j’adore, c’est qu’il n’y a pas de mauvais choix, il n’y a que des conséquences. Et c’est là que vient la logique de tout. Dans tout les cas, on peut grandir de tout, plus ou moins vite, avec plus ou moins de souffrance, plus ou moins de marches sur l’escalier pour aller au même endroit. Il est même possible d’aller au même endroit par bien davantage de chemins qu’on ne le pense. Ce n’est qu’une histoire de choix. J’évoquais l’éducation initialement. Certains seront contents de s’être fait frapper dans l’enfance. Cela a tout de même le pouvoir de me choquer, parce que de mes propres yeux, frapper n’a rien de sain, rien. Frapper, punir, ou tout autre chose qui peut être assimilée à cela –violence verbale par exemple, fait naître, selon moi, des comportements de protection liés à la peur. Cela fait naître des croyances, installe des « j’ai le droit de ça, mais pas de ça », « ça je ne le ferais jamais », pourquoi ? « C’est dangereux ». Parce que chaque mot dit, chaque action, chaque échange instauré peut s’oublier. En revanche, ce qui a été ressenti, et je dis bien ressenti, ce qui a traversé le corps et l’esprit à ce moment-là, c’est gravé. Dans chaque cellule. Cela ne signifie pas que l’irréversible existe, sauf si la décision personnelle est de ne jamais voir ce qui est. Ce n’est pas mal encore une fois, c’est un choix qui portera les conséquences de la non évolution. Et ce n’est que mon avis perso, again.

Moi, je crois aussi qu’à partir du moment où quelque chose est pensé, alors cette chose existe déjà, que l’image créée par le cerveau ou que sais-je s’est projetée dans un monde qui n’est pas de suite matériel. Et peut-être que l’image ne deviendra jamais matière, surtout si aucune action n’existe en ce sens. Il est possible aussi de revenir sur le terme exister. Et je crois qu’exister, c’est « faire parler de soi » pour être directe. J’existe en te partageant ces textes parce que tu y penseras, tu parleras de moi autour de toi (ou pas), et même que tu rêveras de moi ! Dans ma tête, y a des choses qui n’existent pas bien qu’elles soient et qu’elles aient leur place sur la planète. (PS : si t’as pas compris tant pis).

Tu l’auras compris si tu as lu quelques de mes écrits précédents, j’apporte une importance particulière à la conscience du corps. Ayant déjà consommé des trucs qui ne me disaient rien, dans un environnement qui ne me plaisait pas, structurel ou relationnel, et bien j’ai fait des trucs que je n’aimais pas. J’en connais les conséquences. Tout le monde ne veut pas se voir aussi sensible que moi, tout le monde ne l’est peut-être pas autant que moi. J’ai été troublée, psychologiquement et dans mes actes, dans mon rapport au corps et à l’assiette. J’ai été maigre, j’ai voulu tout éliminer, j’ai eu des évasions de mon esprit, des extinctions, des absences. Tous n’ont alors pas cette conscience accrue que je peux avoir face à mon corps et aux choix des aliments. Certains auront développé quelque chose ailleurs, d’autres, quelque chose de similaire et par un autre moyen. Alors il est primordial pour moi d’avoir conscience de sa vie, de « son incarnation ». L’incarnation ou le petit substantif qui ne fait pas partie du vocabulaire de tous, par exemple. Une histoire de croyances environnantes… Chacun aura sa logique. En d’autre termes, j’évoque alors le fait de se rendre compte et de reconnaître ses membres, ses envies, ses sens de l’instant présent. Tout se passe dans le moment présent…

 

Tout ça pour te dire que non, je ne sais pas. Or, j’ai une façon de penser qui est unique, qui comprend mon vécu, ce que j’ai lu, entendu. La question n’est peut-être pas de savoir si c’est vrai, le fait est d’affirmer ses pensées et d’être capable de les communiquer, d’échanger avec le monde entier ou presque. Enfin, peut-être pas le monde entier, on verra…

 

 

Christelle Guibouin – Artiste du Son, du Corps, de l’Âme et de l’Esprit.

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