SUR LE CHEMIN

Je ne sais pas danser

Ce titre ne vise même pas à provoquer ou à répondre éventuellement à ceux qui se trouveraient désespérés de ne pas savoir danser.

C’est un fait personnel.

Je ne sais pas danser. Dans un groupe où l’on me dit quoi faire et comment le faire, à quel rythme et en même temps que qui, je me trouve débile. Je ne retiens pas une suite de mouvements et la technique me braque et me bloque ! Je ne sais pas danser.

Je ne sais pas danser parce que pour moi l’ensemble d’un groupe et l’ordre de faire ci à tel moment… ça à un autre moment, est mignon mais moi je ne rentre pas là-dedans.

 

Pourtant, j’en ai intégré des groupes de danse. Et je les ai tous kiffés, tous !

L’esprit d’équipe est très souvent élévateur et permet la confiance, la joie prime et les rires sont présents.

 

J’aime la danse. J’aime la danse lorsqu’elle dégage vraiment quelque chose, et tant pis pour l’orteil riquiqui qui a raté sont entrée. J’aime la danse pour l’humain qu’elle dégage, les émotions qu’elle soulève et les blocages dont elle rend compte. J’aime la danse pour son langage sans mot, qui peut en un seul geste toucher mille créatures individuellement. Chacune des milles sera touchée de façon unique et je trouve cela Magique. J’aime la danse parce que la danse c’est comme écrire, flûter ou dessiner, la danse c’est se montrer vulnérable et s’exposer (ou pas), la danse c’est engager son corps dans ce qu’il n’a le plus souvent pas l’habitude de faire (ou si).

J’ai même, et de façon considérablement récurrente été éveillée par la danse, je me suis très fréquemment sentie engagée au regard d’une danse. J’ai vécu avec les danseurs au moment où ils s’exposaient sur scène, comme on se sent engagé lors de la lecture d’un livre tout entier. Je les ai accompagné profondément et personnellement. Mes yeux, mes oreilles, mon corps tout entier y est allé, transporté et, des décisions, même, se sont prises à l’instar d’un dansant Voyage… Y avait de la technique dans ces danses, et puis un niveau artistique qui dégageait de l’humain de manière fascinante, touchante.

 

La danse finalement, c’est porter si puissamment sa flamme qu’elle se communique simultanément à l’extérieur, au public apte à sentir sa chaleur, prêt à se sentir déstabilisé, touché, embarqué.

 

Là se trouve ma vision de la danse alors.

 

Lorsque je danse je ferme les yeux et me connecte à mon cœur. Il me guide.

Je dis que je lâche prise. Je ressens que je lâche prise.

Je choisi une musique qui m’inspire et me ressemble, et à sa mélodie je crée un mouvement simultanément.

 

Je lâche-prise, mais je n’oublie pas tout, d’un coup. Je ne mets pas ma tête à l’envers en vue de tout mettre instantanément dans une poubelle ménagère. Je lâche prise. Je me détend. Je tente de me connecter à mon cœur, je laisse s’échapper toute les imperfections éventuelles, je m’expose toute entière, parfois pas.

 

Je parle. Je communique. J’exprime quelque chose. Je ne sais pas toujours quoi, mais je libère et laisse s’évader des maux, je rencontre certaines déstabilisations et certains freins, je répands la joie lorsque c’est elle qui m’habite, je crée le mouvement qui représente ma métamorphose… Après une danse j’ai monté d’un cran, soulevé une petite montagne et je me suis rapprochée de ma profondeur. Bonjour mon Enfant Intérieur, oui oui je te vois, je t’entends.

 

Attends. Ouais attends là je dois me reprendre. On devrait donner un nom à ma danse, parce que je lui donne une nouvelle définition qui est la mienne (et aussi certainement partagée par d’autres). Mais ce qui me gène dans les définitions de la danse, c’est la technique qu’elle évoque. Quand je dis flamenco, valse ou classique, personne ne voit la même image.

Alors, est-ce que moi je danse si je dis que ma danse n’inclue aucune autre histoire que la mienne – et Seulement la Mienne. Est-ce que moi je danse si ma danse n’a pas de date de création à part celui pendant lequel j’engage mon corps un temps, si ma danse n’a aucun autre contexte que celui dans lequel je vis personnellement à un certain moment ?

C’est quoi ma danse à moi ? Parce que j’ai quand même envie d’utiliser le terme de danse, est-ce que c’est juste un langage ? Une forme nouvelle de déblocage ? C’est quoi ma danse ? Dans le dictionnaire on ne parle pas de ma danse, et ni de la tienne, d’ailleurs…

 

 

 

Donc je me reprends : en fait, SI, je sais danser. Je sais danser parce je laisse aller mon corps dans la direction que lui seul a envie d’emprunter, et c’est ainsi qu’il parle.

Christelle Guibouin

Artiste de l’Âme, du Corps et de l’Esprit

Artiste du Son, Flûtiste énergétique, Compositrice

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2 Comments on “Je ne sais pas danser

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