SUR LE CHEMIN

Lettre à ma Vaste famille

Il est quasiment 22h, je sors de mon lit suite à de nombreuses minutes à penser. Je ne peux pas dormir sans écrire ceci.

La question de la famille m’intrigue beaucoup, je ne vais pas partir dans la conception de mes pensées à ce propos, qui pourrait sembler quelque peu « perchée », et ce n’est pas l’essentiel Ici.

J’ai comme l’idée que chaque famille est parfaite, que chaque famille convient à chacun.

 

Aujourd’hui j’ai des choses à libérer concernant celle dont je fais partie.

Mes oncles sont des hommes. Et c’est tout. Il y en a deux qui sont de grands inconnus, lorsqu’ils sont évoqués on leur crache dessus. Il y en a un qui était aussi longtemps inconnu, qui est apparu dans ma vie deux années durant, peut-être. J’ai su l’apprécier, puis il a disparu de nouveau. Y en a un que j’aime bien, avec qui le partage est simple, ludique et respectueux. Je ne le vois pas souvent, je ne vois Personne souvent. Ce dernier a lu quelques de mes articles déjà, il m’a dit qu’ils étaient philosophiques :-). Et mes autres oncles sont des hommes. Classiques.

 

J’ai cette idée de la famille, dans ma tête, dans mon idéal, …celle qui associe « famille » à groupe soudé. Un groupe soudé dans lequel tous se sentent en sécurité, compris ou non finalement, mais en tout cas, en capacité d’être qui nous souhaitons être, véritablement, au milieu de cet espace chaleureux qu’est « la famille ». Cette image que j’ai, c’est peut-être celle « d’une famille » que nous créons nous-mêmes plus tard dans notre vie. Mais l’image est quand même là. Être soi-même en toute sécurité, avec confiance d’être déjanté, de pleurer ou de crier fort quitte à saouler le monde. Ce n’est pas grave, « l’amour familial n’a pas de limite » aurais-je tendance à dire.

Beaucoup de mes frères et sœurs ont le don réel de m’agacer, de me saturer. Et pourtant, qu’est-ce que je les aime, qu’est-ce que je vois leur lumière et tous leurs potentiels quand je les capte. C’est absolument dingue. Ils peuvent dire les trucs les plus horribles et moi je continue de croire en eux, ils peuvent faire les trucs les plus horribles et moi je continue de croire en eux. Peut-être naïvement, ce n’est pas grave. Peut-être aveuglément, tant pis.

 

Y a des tatas que j’ai aussi. Deux dont l’histoire est si taboue que je n’ose pas en parler. Leur vie est une survie, me semble-t-il. Les autres, des femmes sensibles. Les hommes sont sensibles aussi, c’est sûr, c’est certain.

 

Mais bordel, y a ce truc que je n’ai jamais compris dans cette famille. Enfin si, je pourrais facilement le comprendre avec mes réflexions qui ne s’arrêtent jamais, peu importe. Quelque chose m’attriste et c’est le non lien. Cela me sidère à chaque fois que j’y pense. Je ne comprends pas toujours. Les faits indéniables sont pourtant niés, et évités. Non, je ne comprends pas, et quelle place j’ai, moi, dans tout ça ? Pourquoi l’évitement ? C’est ce qu’on leur a appris. Sans aucun doute. Les peurs naissantes, méconnues en sont la cause. J’ai envie de dire que les peurs non traitées nous dirigent toute la vie.

 

C’est particulier, l’état dans lequel je me sens en écrivant. C’est peut-être ma vision enfantine de la grande tribu solide et riche dans laquelle j’aurais pu grandir, qui montre le bout de son nez. Sauf que je n’ai aucun lien avec ma très vaste famille. Aucun. Et si un jour une discussion réelle et profonde parvient à se manifester, se créer, wow, je serais probablement fortement émerveillée.

 

J’entends déjà dire que de mon regard de jeune nénette je n’ai pas mon mot à dire. C’est ce qu’on leur a sans doute appris. Tant pis. Ce qui est en train de sortir DOIT sortir.

 

Je pourrais écrire davantage. J’écrirais certainement davantage. Je précise là qu’effectivement, il s’agit de mon propre regard et de mes propres sensations. La famille m’intrigue.

 

 

Christelle

 

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *