SUR LE CHEMIN

Lettre N° 1 : Bonjour Madame

Bonjour Madame,

 

Nous nous sommes croisées dans le tramway, aujourd’hui vendredi 13 janvier 2017 et vous vous êtes assises à mon côté. Mon côté droit. Et puis, naturellement et simplement, vous m’avez parlée. Vous avez sorti vos gongs, sans trop vous plaindre ; sans trop d’obscurité dans vos élans. Un peu de crainte seulement, de tracas, de gênes personnelles. Dommage d’en arriver là. Vous m’avez l’air fort sympathique, très saine d’esprit et, pourtant, inopinément piégée : le virus de la société vous a touchée. Vous m’avez parlée de maladie. De toux, vous toussiez. Et d’un rendez-vous médical, une opération du côlon.

Profondément, je suis certaine que vous faîtes de votre mieux, dans chaque activité de votre vie, quelle qu’elle soit. De mon jeune âge et de mon âme pure, j’aurai tant aimé vous dire de vive voix et pleine de spontanéité, de vivre quoi qu’il arrive. La société fait des fouillis. Effectivement la pollution de la ville est de toute évidence à prendre en considération, elle existe, elle est là. Les fast-food sont aussi là et ô que non, y échapper est pour nos yeux improbable seulement. Et respirer, oui, respirer. L’acte inconscient par excellence, qui est en fait l’acte oublié le plus souvent. Trop peu de personnes savent que respirer n’est pas si simple. Tel un enfant, gonfler ses poumons et tout son ventre, et puis souffler, avec sa bouche, pour abandonner toutes les tensions persistantes et attachantes. On fini presque par les aimer (ces tensions), les adorer, les chouchouter et les préserver sans vraiment le savoir véritablement. Respirer, l’acte oublié par le rythme imposé. De plus, vous avez certainement étudié un peu, et j’imagine trouvé un emploi rapidement. Trente-cinq heures par semaine, au moins, probablement. Peut-être le jour, peut-être la nuit, sans aucun doute la fatigue vous a faite la bise. Une fois, puis deux. Et elle est vite devenue lourde et imposante, à vous rendre visite à plusieurs reprises, surtout lorsque vous l’aviez oubliée ! Je peux inventer les enfants également en plus d’un boulot acharné, sinon un boulot qui vous chipe votre propre temps libre. A corps perdu, dans le rythme machinal et robotisé… « Il ne faut pas que je m’arrête, sinon c’est là que je faibli. » Combien de fois votre automobile physique a dû vous crier des messages – j’invente à nouveau –, et combien de fois sont-ils passés à la trappe. Roulé dessus.  A l’asthénie vous êtes arrivée aujourd’hui.  Vous avez enfin le temps à vous, mais en revanche, vos inadvertances passées, votre corps ne les a pas oubliées.

 

 

Maladie.

Les repas oubliés ou négligés, le stress qui vous a inondé et piqué les organes, les maux de têtes et les pics de colères. Involontaires. On vous a dominé, aujourd’hui vous avez passé au-dessus intellectuellement. Corporellement par contre non. Le corps marque les coups, marque les traces, les erreurs, les négligences. Nous sommes en France, nous avons l’eau à notre disponibilité, partout. Elle est inratable, elle est accessible, mais combien de fois avez-vous rempli un simple verre et avalé vos litres d’eau au quotidien ? Après l’inondation par le stress, vous passez présentement à la sécheresse, catastrophe naturelle. Mais la nature était pourtant bel et bien là, l’avez-vous vue ? Perçue ? Ou seulement roulé dessus…

 

 

Un temps de repos

Peut-être que la clef elle est là. Non, pas la clef de la voiture, j’arrête. La clé d’un endroit particulier, dans lequel vous pouvez et vous choisissez d’y faire régner une atmosphère particulière. Unique, Nouvelle, Douce, Chaleureuse, Oxygénée… Rose si vous voulez, Verte si vous préférez. Accordez-vous cela je vous prie, vous avez toutes les clefs, il suffit de trouver la bonne. Respirer, faire régner son énergie, la comprendre, la purifier et l’amplifier. Écrire, lire, ou simplement écouter le silence qui a ce si fort pouvoir d’Apaiser. Repos. Votre corps vous appelle.

Parce que le corps est un messager, je le pense. Le corps est faible si vous le laissez s’affaiblir ; mais le corps peu autant se chavirer que s’enraciner et se développer tel un arbre solide qui peut faire face à toute tempête potentielle. A vous, Madame, de choisir quel pouvoir vous voulez donner à votre corps. A vous, Madame, de choisir si vous voulez l’honorer ou l’effacer. Le corps n’est jamais mort si la tête réagit…

 

[ Je vous mets à l’honneur de visionner un mec excité qui met en avant des créatures qui ont réagit face à des mal-à-di(r)e.]

 

Amour.

 

 

 

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