SUR LE CHEMIN

Se souvenir de ses racines

Aujourd’hui je vais te dire d’où je pars, quels endroits de moi j’ai visité, et ce, par quels chemins biscornus et dangereux de ma vie.
Aujourd’hui j’ai demandé une photo particulière à ma sœur, parce que moi je les ai toutes effacées. Comme elle en est l’auteure, alors j’étais sûre qu’elle avais cette photo dans son ordinateur. Et puis en plus de la photo précise que je lui demandais (illustration de l’article d’hier), elle m’en a envoyé d’autres.

J’étais choquée, bousculée. Et pourtant c’était moi, et c’est encore un bout de moi puisque ça a su faire partie de moi. C’est écrit, c’est marqué.
Mon corps l’a senti et mon esprit l’a traversé. (Ainsi mon âme s’est forgée.)

J’ai été transformée. L’image m’a rappelé d’où je suis partie et tout ce que j’ai traversé. Et ça, j’ai très facilement tendance à l’oublier.

Pourquoi c’est important, de se rappeler ses racines ? …
C’est important parce que même si “c’est du passé” et qu’on a l’impression que c’est parti, s’en souvenir donne du sens à tout ce que tu réalises et qui te tiens à cœur aujourd’hui. Il te rappelle aussi tout ce que tu as affronté, et tu peux te féliciter. Cette photo sur laquelle est représentée la Christelle d’il y a trois ans (me semble-t-il), m’évoque une sincère victoire. Là-dessus je me trouve si vide alors qu’aujourd’hui, si vivante.

Je vais te raconter, alors, mon histoire. Et nous allons voir ensemble que tout prend sens par sa cohérence.

Je suis née à Nantes, huitième enfant d’une maison bien remplie.
On pourrait presqu’affirmer que je suis née dans les roses, parce que durant tout mon développement et aujourd’hui encore, j’ai été au contact direct de la terre. Avec un papa agriculteur et une maman à la maison toujours présente et nourricière, j’ai appris à connaître et vivre les saisons, connaissant les légumes et fruits qui y sont rattachés.
Aujourd’hui, je suis toujours pieds à la terre, terre vivante et bien fertile. Et plus le temps semble avancer, plus cette valeur prend de l’ampleur dans mon cœur. Je suis amoureuse de la nature. Je constitue la nature et toi aussi, alors c’est en harmonie avec elle que je me dois de vivre. On dit souvent que l’humain est contre-nature, moi je ne le crois pas. La nature est la meilleure des meilleures sources de notre nourriture. Nous bénéficions de ses vertus lorsqu’on la met dans notre assiette ou dans un mug, à infuser. Nous savons tous que notre meilleure boisson c’est l’eau, elle tombe du ciel et nourrit la terre. Puis en même temps, elle vient de la terre… c’est pas naturel, ça ? et, c’est pas fascinant ? La nature nous nourrit dans tous les sens. Par l’air inspiré et expiré, merci les arbres. Par notre appui au sol : pieds nus sur une pelouse, nous initialisons nos énergies. Le vent, la pluie, l’orage et le soleil, les cailloux, les insectes et autres animaux… ils sont nos vies et nos amis, ils sont la vie et puis nos signes.

Et puis un jour j’ai saturé du mon… (tiens-donc, tout pile mon nez saigne et la signification est intéressante* …ceci est très rare chez moi) …Et puis un jour, j’ai saturé du monde, du faux, de l’injustice, du malheur persistant de l’extérieur, pendant que mon moi voulait se révéler et s’affirmer, donc changer de places. J’ai saturé et je n’ai plus pu digérer. Alors avec une “légère psychose” du manger sain, j’ai abusé, j’ai restreint. Je me donnais au monde comme beaucoup l’on fait. J’ai ressenti leurs douleurs et cela me nourrissait. Je me suis alors perdue dans ce fouillis des énergies qui n’étaient pas les miennes… Où étais-je ? Avec l’anorexie j’ai installé des distances. Beaucoup de solitude et d’écriture, puis de suivis médicaux m’ont soutenu à me comprendre. Moi-même et le monde parce que les deux sont liés. Je suis un monde parmi les mondes. Remarquez quand même le lien de digestion, un trop plein dans le corps, non-digestion de l’extérieur, non-digestion des aliments… L’anorexie a été le voyage le plus riche de ma vie, me permettant de fouiller en moi et de comprendre en accéléré nombreux de mes réflexes, de mes émotions, de mes attitudes face à ci, à ça, à cet instant, en cet espace…
Aujourd’hui l’hypersensibilité est toujours là, je crois même qu’elle se développe au fil des jours. La différence qui s’est créée est que j’ai décidé de jouer avec ! Et j’établis des actes en conséquence. Mes relations sont choisies très précautionneusement, le contact physique a lieu le moins possible (alertes à la bise automatique), je suis souvent dans des endroits où j’ai de l’espace, mes activités quotidiennes sont sources de croissances et d’élévations. Et c’est alors dans ce riche voyage que je puise toute la force de mon message. Aujourd’hui je sens la préciosité de mon corps au quotidien, j’éprouve une gratitude immense envers celui-ci, envers ses signes et son caractère messager. Je ne me lasserais pas de te dire que ton corps est ton plus beau guide ! Ton corps reçoit les informations, il sait, et il te les souffle vaille que vaille. Sache alors que tout ce que tu crées, tout ce vers quoi tu te diriges à l’encontre de ton corps pourra être source de maladies (parce que tu as eu du mal-à-dire). Sache aussi que tout est réversible, il est alors encore temps de t’écouter, et de prends ce big virage immense et impressionnant. Je t’envoie force et courage. J’ai pas envie de te faire flipper avec cet écrit, sache seulement qu’il n’y a pas de mauvais choix, il y a juste les conséquences de ces choix. Dans tout les cas, l’apprentissage répond présent.

Au quotidien, j’apprécie aujourd’hui énormément confectionner des plats, les proposer, les savourer. Mon attrait pour la nature est également de plus en plus marqué. Je me nourris (assiette) de végétaux. Je m’intéresse grandement à la naturopathie, aux médecines alternatives, à la physiologie et aux symboliques des maladies, des dysfonctionnements ou douleurs particulières. Aussi, mon exigence face à mon bien-être est très élevée et il est hors de question que je ne laisse quelqu’un ou quelque chose me détruire à nouveau, parce que j’en connais les conséquences. En résumé, j’agis dans l’harmonie de mes élans, de mes valeurs, de mes principes, de ma joie, de mes intérêts intellectuels et des signaux de mon corps.

Durant cette période d’anorexie, l’hyperactivité a aussi répondu (très) présente, et je rejetais ainsi tout ce qui était entré dans ma bulle à moi. Mon soucis d’empathie étant très présent, j’étais capable de vivre et sentir ce que face à moi, on vivait, on sentait. En conséquence à cela, alors je voulais sauver ces mondes qui ne m’avaient rien demander ALORS je m’épuisais considérablement.
Aujourd’hui je vois et je considère les êtres à part entière. Aujourd’hui je mets une distance de respect envers moi et l’autre, qui me protège de l’empathie spontanée et de ma sensibilité. Mon niveau de tolérance est plus étroit, je suis engagée dans mon affirmation et mes révélations, et je me nourris de ce qui me plait. Je sais reconnaître les gens qui ne veulent pas être aidé pour s’élever, c’est-à-dire ceux par qui je pourrais simplement m’épuiser, alors je m’occupe de moi. La règle d’or : tout faire en accord avec moi encore, et récemment je me suis surprise à donner sans m’épuiser. Offrir avec joie à quelqu’un, c’est AUSSI s’offrir à soi-même.

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Offrir avec Joie, c’est offrir à soi-même -en plus.

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J’ai joué de la flûte traversière vers mes douze ans. Attirée par son originalité (on la tient de travers, donc elle paraît aussi tordue que moi : on s’entendra bien) et fascinée par la pureté de son timbre… J’en ai joué un ou deux ans au près d’un prof particulier. Et physiquement j’ai lâché l’instrument, alors que dans ma tête il était toujours là. Dans ma tête il était toujours là et il a sauvé mon hyperactivité lors de l’anorexie. Je voulais la retrouver, et voici le plus magnifique merveilleux fou cadeau de ma vie : un matin je me lève ultra tôt, en décembre nous étions je crois, et mon beau-frère et ma sœur m’offrent une flûte traversière. Avec la jolie phrase “j’espère que ça t’aidera.” Oh my god !!!!!!!!!!!!!…! Le meilleur cadeau, le meilleur matin de ma vie. Vraiment. Qui effectivement m’a énormément soutenu.
Quelques temps après j’entre en classe de terminale scientifique et je choisi l’option musique au bac. Un peu au dernier moment, mais tant pis, je tente ma chance dans une école proche d’où je vis. C’est mon professeur de solfège que je retrouve dix ans après et qui m’invite généreusement à intégrer son orchestre d’harmonie. Comme ça, et sans aucun doute sur mes compétences. J’avais ma flûte. J’ai dit oui. Heu, j’ai dit OUI ! Je m’y engageais pour Janvier, le temps de me réapproprier l’instrument. Et je peux t’affirmer que ça n’a pas été chose facile. C’est ainsi que j’ai beaucoup appris : appris sur ma place parce que le son crée la place. Au milieu de tous les instrumentistes, si je ne libère aucun son je N’EXISTE PAS. Sachant que la note ratée est la meilleure des sources de progression 😉 C’est comme dans la vie quand tu émets une affirmation et que tu te rends compte que finalement, elle n’est pas juste. Si tu ne l’avais jamais dite, tu ne t’en serais jamais rendu(e) compte.
Elle m’a sauvé la vie, elle m’a permis de libérer mes vibrations, celles qui logeaient dans mon corps. Longtemps stagnantes, elles ont enfin su ensoleiller mes journées, par des musiques qui les ont libéré. Et c’est à partir de là que s’est réveillée ma relation au son.
Mes deux heures périodiques à l’orchestre représentaient la lumière dynamique de ma semaine passée dans des cahiers aux milieu des brouhahas étudiants… Jouer de la flûte traversière a été pour moi comme une ouverture de mon être, une réelle prolongation de celui-ci. L’ouverture d’une géante porte vers la lumière. Considérablement ! C’était ouf, quand je soufflais j’envahissais ma chambre de paillettes lumineuses, d’étincelles, de bonheur. Alors j’ai continué, j’ai continué. J’ai joué Le lac des Cygnes le jour du bac, puis en amont (décision de dernière minute également) face à l’école pour une association !
Et puis j’ai continué, des heures durant, dans ma chambre à m’amuser. Et puis j’ai su ce que j’appréciais comme mélodies : la douceur, la puissance intérieure. Mon but n’est alors pas de faire danser les corps, plutôt les énergies qui règnent dans l’atmosphère. Puis mon rapport à la musique en tant que tel était très froid, quasiment inexistant.
J’ai donc décidé de créer ma musique. Alors sans repère extérieur à moi-même, j’ai joué. Et je te le partage encore par mon défi flûte traversière spontané /100. Je t’invite à méditer, à te poser.

Et puis j’ai eu envie de créer. Je m’y sentais capable, j’ai signé “compositrice” sous mes articles. Alors je le suis devenue puisqu’on m’a demandé ! 😀 J’ai kiffé composer, et ma cliente aussi a kiffé. Donc je suis aussi compositrice, compositrice sur-mesure.

 

J’ai incarné l’attitude de l’enfant discret qui ne dérangeait pas…

Et un jour en lâchant-prise, j’ai laissé le chant s’installer dans ma vie. Alors en plus de créer le son par le souffle, je le crée par mes cordes vocales. Et j’ai compris sa puissance, sa révélation, sa liaison au corps. Le son est Flamme. La voix permet l’affirmation et le positionnement.

 

Certes c’est tout récent, et pourtant je sais que c’est cohérent : parce que ça sort des tripes et que mon message passe à merveille à travers ces médium.

Artiste du Son et des Corps pour ma pratique et ma fascination du son ainsi que de ses révélations. Artiste du Son et des Corps parce que le corps c’est loge une VIE et que trop souvent, on l’oublie.

Signification des saignement du nez* : Perte de joie ; Lorsque cela part du nez : quelque chose a-t-il bloqué ma joie de vivre ? Une perte, une situation malheureuse, une frustration ou encore le rappel de quelque chose qui nous crée du chagrin ou de l’inquiétude. (Source) –et quand j’ai lu cela, le saignement s’est arrêté.

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Christelle Guibouin – Artiste du Son, Artiste des Corps.

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